Nexus six

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Mémoires de geishas

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Quelle est la beauté et la vérité du cinéma de Kenji Mizoguchi ? Donner à la lumière de ses films la grâce d’éclairer les âmes des jeunes filles, avant, pendant et après leurs désillusions. Donner aux ombres (autrement dit des faiblesses, en l’occurence celles des hommes) le pouvoir d’éroder leurs rêves et leurs sourires. Donner aux cerisiers et au son du koto l’ivresse de les consoler. (Et celle de nous languir.) Donner à ses mouvements de caméra la faveur de figurer le cours d’une rivière. Qui lui-même figure le cours d’une âme, de ses mélancolies à ses ruines. Jusqu’à son estuaire. Jusqu’au Grand Océan.

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gion-bayashi-

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Quand rapidement elle passa près de moi, le bout de sa robe me frôla.
Comme une île inconnue vint de son coeur une soudaine et chaude brise de printemps.
Un souffle fugitif me caressa, et s’évanouit, tel s’envole au vent le pétale arraché à la fleur.
Il tomba sur mon coeur comme un soupir de son corps et un murmure de son âme
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Rabindranâth Tagore, Le jardinier d’amour.

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Les contes de la lune vague après la pluie

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La splendeur du monde fantômatique représenté dans le film alliée à ses languissants chants , au raffinement et à la grâce sublime de la mise en scène, des décors et de la lumière (le film est éclairé par le très grand Kazuo Miyagawa), font de Ugetsu monogatari l’une des plus belles oeuvres d’art contemporaines. Dans Ugetsu, Mizoguchi fait de chaque plan, chaque mouvement, chaque son, chaque vibration, un chef d’oeuvre de justesse et de poésie qui épouse à la perfection la quête insensée de Tobei et Genjuro, le destin spectral et tragique des héroïnes.
Bien-sûr, Ugetsu n’est pas seulement la somme de ses rimes poétiques, un chant magnifique sans esprit et sans message, car Mizoguchi conjugue cette beauté à un thème, donne une profondeur à ses images en évoquant une nouvelle fois le destin de ces femmes trahies par l’ambition des hommes. Dans Ugetsu, la poésie ensorceleuse des images s’allie à la philosophie et à la morale bouddhique. Une morale qui, chez Mizoguchi, ne va pas jusqu’à réprimer les passions humaines. L’artiste en particulier ne peut s’en soustraire, ne peut y renoncer. Seules la soif excessive d’ascension sociale et de reconnaissance (vanité) artistique (pour Genjuro), la soif de pouvoir et de gloire (pour Tobei), sont implacablement sanctionnées par la perte de soi et la déchéance. Le potier Genjuro qui rêve de fortune et d’inaccessible va succomber à une superbe apparition et à une envoûtante apparence pour se réveiller au milieu de ruines. Le paysan Tobei qui est devenu un vaillant général retrouvera sa femme dans un bordel. Ici, et comme toujours chez Mizoguchi, l’amour et le sacrifice des femmes répondent à l’orgueil et aux désirs des hommes. Bien entendu, Genjuro est une projection de Mizoguchi, la princesse Wakasa incarne la tentation de créer du beau en s’oubliant soi-même, en oubliant le réel. L’élégance suprême du cinéaste est de ne sacrifier ni le rêve infusé par les spectres, ni la réalité tangible constitutive des êtres. Mizoguchi, dans Ugetsu, distingue rêve et illusion, imagination et mirage, invention et leurre, nous apprend à vivre en harmonie avec nos fantômes, à chasser nos démons. Chez Mizoguchi, l’ombre qui est dédiée à la lumière est bien souvent vertigineuse, donc dangereuse.
Dans Les contes de la lune vague après la pluie, l’art extatique et élégiaque propre à la grande tradition du monogatari et du théatre (des récits dramatiques et lyriques tout entiers voués à construire une émotion, une atmosphère) est au service d’un discours pertinent sur le sens de l’existence.
Les contes de la lune vague après la pluie a la force et la pureté d’un diamant.

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Yang Kwei-fei

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yang

Le chant des éternels regrets

L’empereur des Han, épris de plaisir sexuel
Fit chercher dans tout l’Empire bien des années une beauté, en vain.
Dans la famille Yang, une jeune fille devint nubile
Nourrie au fond du gynécée, à l’abri des regards
Céleste, superbe, difficile de la laisser à l’écart!
Un beau matin, elle est choisie pour vivre aux côtés du souverain.
Tournait-elle la tête, cents charmes naissaient d’un sourire
Dans les six palais, les têtes fardées perdaient leur éclat
Par un printemps froid, on la baigna dans l’étang Huaqing
Les eaux des sources chaudes glissèrent sur son corps
Les servantes la soutinrent toute belle et sans forces
Pour la première fois, elle reçut les immenses faveurs du souverain
Coiffure neigeuse, parures de fleurs et d’or, bougeaient quand elle marchait
Derrière les rideaux brodés d’hibiscus, tiédeur! Ils passent des nuits d’amour
Nuits d’amour, comme elles sont brèves! Le soleil est haut quand ils se lèvent
Dès lors, le souverain ne donne plus audience le matin
Faveurs accordées; elle sert au banquet du plaisir sans trêve
Ils font l’amour encore et encore toutes les nuits
Dans le gynécée du palais, vivent trois mille belles concubines
L’amour dû à ces trois mille, le souverain le reporte sur une seule
Dans la chambre ornée de dorures, elle se fait belle pour la nuit
Dans le pavillon de jade après le banquet, l’ivresse se joint au plaisir sexuel
Sœurs et frères ont tous reçu des postes et des terres
Bonheur et gloire vont à tout le clan
Alors dans le pays les pères et les mères
Cessent d’apprécier les fils, mais veulent des filles!
Le palais Li (Huaqing) accroche les nuages d’azur
Une musique d’immortels voltige, on l’entend partout
Chants languides, danses lentes, au son des cordes et des bois
Toute la sainte journée, le souverain ne se lasse pas de contempler sa dulcinée
A Yuyang soudain les tambours guerriers ébranlent le sol
Interrompent la mélodie intitulée « Robe d’arc-en-ciel, veste de plume »
Des neuf périmètres de murailles et de tours s’élèvent fumée et poussière
Avec mille chars et dix mille cavaliers l’empereur fuit vers le sud-ouest
Fanions azur au vent, le cortège tout à tour marche et s’arrête
Ils sont à un peu plus de cent li des portes quittées
Les six armées n’avancent plus ; que faire?
La femme gracile aux charmants sourcils est tuée devant les chevaux
Son diadème serti d’or jonche le sol ; personne ne le ramasse
Plumes de martins-pêcheurs, moineaux dorés, épingles de jade
L’Empereur se voila la face, n’ayant pu la sauver
Détournant le regard, il pleure des larmes de sang à flots
Un vent frais disperse la poussière jaune
Passerelles touchant les nuages, sentiers sinueux, le cortège escalade le col de l’Epée
Au pied du mont Emei, peu de passants
Les drapeaux sont ternis, le soleil brille à peine
Au pays de Shu, les rivières sont vert tendre, les montagnes bleues
Le souverain jour et nuit a des peines de cœur
Dans sa résidence d’étape, il regarde la lune, blessé par le désir d’amour
La nuit, entendant le son des clochettes dans la pluie, il a les entrailles déchirées
Le ciel tourne, la terre change, le char impérial revient
Parvenu à l’endroit, il hésite, ne peut plus s’en éloigner
Au pied du coteau Mawei, dans la boue
Il ne voit pas le visage de jade, l’endroit où elle périt est vide
Empereur et ministres se regardent, larmes de mouiller leurs habits
Ils vont vers la Porte Orientale, se fiant à leurs chevaux qui retournent
Ils retournent à l’étang, aux parcs, tout est comme avant
Hibiscus à Taiye, saule à Weiyang
Les hibiscus évoquent son visage, les saules ses sourcils
Devant ce spectacle, comment ne pas fondre en larmes?
A la brise du printemps les fleurs de pêcher et de prunier s’ouvraient au soleil
Cet automne, les feuilles de paulownia choient
Dans le palais de l’ouest et du sud, les feuilles jonchent le sol
Des feuilles mortes plein les marches rougies, non balayées!
Au jardin des poiriers, les jeunes disciples ont leurs cheveux blanchis
Dans la résidence des poivriers, eunuques et suivantes vieillissent
Au soir, dans le palais, lucioles de voltiger, souverain de penser à son amour
La lampe solitaire se consume, le prince ne s’endort toujours pas
Lentement cloches et gongs indiquent le début d’une longue nuit
Brillantes étoiles et Voie lactée cèdent la place à l’aurore
Les tuiles imbriquées comme des canards mandarins sont givrées
Le prince a froid sous sa couette de martins-pêcheurs ; qui viendra la partager?
Voici déjà un an que le vivant et la morte sont séparés
Son âme n’est pas encore venue le visiter en rêve
De Linqiong, un prêtre taoïste arrive à la porte du palais
Il est capable d’atteindre les âmes de morts
Il ressent de la sympathie pour le chagrin sans fin de l’empereur
Alors, il s’efforce de tout son savoir, fait une investigation
Il traverse le ciel, chevauche les nuées, vif comme l’éclair
Il est monté au ciel, a pénétré sous terre, la cherchant partout
Il a grimpé au fond de l’azur, est tombé jusqu’aux Sources Jaunes
Des deux côtés, jusqu’au fin fond, il n’a rien trouvé
Soudain, il entend parler d’une montagne magique sur la mer
Sur cette montagne, sise dans un vide inaccessible
Sont bâtis des pavillons ciselés touchant les nuages multicolores
Y séjournent de superbes immortelles
Parmi elles, l’une s’appelle Taizhen (Très pure Essence)
Teint de neige, visage de fleur, serait-ce une erreur?
Il arrive au pavillon doré de l’ouest, frappe à la porte de jade
Ordonne à Petit Jade de l’annoncer à la suivante Shuang Cheng (Double Succès)
Apprenant que le taoïste est l’envoyé du fils du ciel
Sous les courtines aux neufs fleurs, l’âme surprise en son rêve
Ôte son vêtement, repousse l’oreiller, se lève, hésite
Puis, par les crochets d’argent soulevé, son rideau de perles s’ouvre
Les nuages de sa coiffure encore tout déviés par son récent sommeil
Son bonnet fleuri de travers, elle descend dans la salle
Au gré de la brise ondulant, ses manches de déesse flottent
Comme dans la danse des « Robes d’arc-en-ciel et manteaux de plumes »
Sur son pur visage attristé lentement des larmes coulent :
Un rameau de poirier fleuri au printemps, tout perlé de pluie
Contenant son émoi, avec un regard oblique et figé, elle rend grâce à son seigneur et maître
Depuis la séparation, son visage, sa voix, tout se perd dans le vague
Ferventes amours du palais Zhao Yang, la trame en est brisée
Dans les séjours enchantés de Penglai, jours et mois sont longs
Si le regard s’en détourne et s’abaisse vers le monde des humains
Il ne distingue pas Chang’An, la capitale, ne voit que poussière et brouillard
Que du moins ces reliques du passé témoignent d’un profond amour!
Ce drageoir incrusté de gemmes, cette épingle aux branches d’or, que le messager les emporte!
De l’épingle elle gardera une branche, du drageoir une partie
Rompant l’or pur de l’épingle, des incrustations divisent les figurent :
Si nos cœurs sont aussi constants que cet or et cette gemme
Dans les cieux ou chez les humains, nous nous reverrons.
Au mage qui repart, elle confie encore anxieuse ce message
Rappel d’un serment qu’eux deux s’étaient fait en secret :
Le 7 du septième mois, dans le palais de l’éternelle vie
Quand vers minuit, sans témoins, s’échangeaient les propos d’amour :
Faisons vœu d’être au ciel deux oiseaux au vol inséparable
Et sur terre un couple végétal à un seul feuillage
Le ciel et la terre dureront longtemps, mais un jour ils finiront
Ce regret, sans cesse, se perpétuera.

Bai Ju-yi

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A la recherche d’Anju

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Dans un étang gelé,
Une âme et des pieds nus,
Un coeur qui s’endort,
Un murmure dans l’eau
Et la forêt qui s’est tue…
De son trépas,
la lune n’éclaire plus
que le sillage d’Anju…

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Mademoiselle Oyu

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1misso

Dire d’un film de Mizoguchi qu’il est un chef d’oeuvre donne tout son sens au mot aujourd’hui galvaudé. Ajouter que Mademoiselle Oyu est à ranger aux côtés desdits chefs d’oeuvres n’est en rien exagéré, tant il témoigne de l’excellence et de la maîtrise absolue du cinéaste japonais dans l’accomplissement de son art. Avec le Mizoguchi des années 50, le cinéma était entré dans son âge d’or, celui d’un art qui en appelle d’autres, celui d’un art complet, celui d’un art total. En Mizoguchi, le cinéma avait trouvé un prophète. Bien-sûr, avant ce Mizoguchi-là, il y eut le Mizoguchi benshi et parlant des années 30, il y eut aussi l’avant garde allemande, le Sternberg parlant des années 30, et Murnau le génie muet. Mais aussi belle que fut l’aurore du sensai japonais et des cinéastes teutons, l’oeuvre après-guerre de Mizoguchi était bénie par la modernité acquise du cinématographe et la profondeur humaniste du propos. A volonté, le cinéaste pouvait exprimer son génie et son message, le cinéma avait acquis la maîtrise et la parole, sans perdre sa poésie. Bien au contraire. Preuve en est celle de Mademoiselle Oyu. Une poésie, toujours noire et blanche, qui vient se loger dans chaque recoin du cadre, et dans le moindre son, celui d’un oiseau ou d’un chant . Dans le jeu des acteurs : sobre et millimétré. Une poésie qui vient se nicher dans chaque arbre en fleurs, dans chaque rayon de soleil, dans un funèbre et souverain clair de lune. Dans chacune des 24 images/seconde de la pellicule. Dans une fluidité plan-séquentielle et pour tout dire dans le rythme langoureux donné à l’ensemble. Oyu-sama ne déroge pas aux autres Mizoguchi : il coule comme une rivière au milieu de cerisiers volages et immaculés. Et la rivière s’écoule comme un long sanglot.
Si pour la fragile Oshizu, percer le secret du coeur d’Oyu était à l’origine de son vain sacrifice, percer le secret du coeur du spectateur était le pouvoir et le génie de Kenji Mizoguchi.

Cinq femmes autour d’Utamaro

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Il est frappant de constater à quel point Mizoguchi, grand peintre de la femme et de sa condition, s’est projeté dans le personnage d’Utamaro, peintre d’estampes dédié(es) aux femmes. Il est intéressant de comprendre (pour saisir le sens et la suite de son oeuvre) que Cinq femmes autour d’Utamaro, réalisé dans l’immédiat après-guerre, marque et pose les fondements d’une renaissance cinématographique. Une renaissance placée sous le sceau de la création artistique débarassée des diktats du régime militaire qui l’obligeait à des films de propagande ou à se taire sur ses sujets de prédilection, soustrait aussi de la tentation du modèle américain. Okita, la muse d’Utamaro, représenterait donc le Japon et quand Utamaro se fache avec Okita, le peintre commence à mal exercer son art. Utamaro/Mizoguchi n’a visiblement plus le goût de peindre Okita/ le Japon. Autrement dit, Mizoguchi n’est plus sur la même longueur d’onde que le Japon guerrier. Mizoguchi ira plus loin : pour avoir peint des estampes ayant déplu au Shogun, Utamaro sera incarcéré et, pour lui interdire de peindre, sera condamné à avoir les mains liées. Au terme de sa condamnation, de bons samaritains lui proposeront des modèles à profusion, montrés comme des sirènes, modèles représentant bien-sûr la tentation de fabriquer des films américanisés ou plaisant à la censure de l’occupant.
Quand, après avoir été libéré de ses liens, Utamaro s’exclame, excité et investi à nouveau de l’esprit d’Okita, qu’il peindrait désormais la beauté des femmes, c’est bien-sûr la voix de Mizoguchi qui lance un cri : « je vais faire des films sur les femmes ».

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Oyuki la vierge

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Dans la longue liste des héroïnes de Mizoguchi, Oyuki la chrétienne fait belle figure et n’a rien à envier à celles qui vont lui succéder. Faire jaillir la beauté interieure et le courage de ces femmes aux destins douloureux, faire éclater la violence et la veulerie des hommes, tel a toujours été le grand dessein du sensai japonais et telle est la grande force de son cinéma.
A la fois profonde et éminemment esthétique, la mise en scène de Mizoguchi est toute entière dédiée à dévoiler l’âme de ses personnages.
A commencer par celle d’Oyuki, prostituée au coeur généreux et à l’âme pure (ce qui n’est pas incompatible chez Mizoguchi) qui, en pleine guerre civile, voue un amour sincère à un militaire de l’armée régulière. A sa façon épurée et précieuse d’éclairer le visage de son héroïne (littéralement sanctifiée d’un halo lumineux), à lui faire arborer un sourire fataliste et lucide, à lui faire adopter des postures et des gestes qui en disent beaucoup sur sa résignation (son passe temps est d’arracher élégamment des pétales d’orchidées ou de marguerites), à la placer dans un décor évoquant sa triste condition (sous un cerisier qui perd ses fleurs), Mizoguchi parvient à traduire le personnage avec beaucoup d’éloquence, sans convoquer outre mesure son histoire. A la rendre émouvante sans en rajouter dans le mélo.
Autre personnage, autre mise en scène : le soldat dont Oyuki est tombée amoureuse. En le filmant fréquemment de dos, en le plongeant à maintes reprises dans l’ombre ou l’obscurité, en l’enveloppant d’un menaçant brouillard, en lui attribuant un gestuel saccadé et un visage trouble (une imposante mèche de cheveu lui en dissimule la moitié), Mizoguchi souligne formellement que cet homme n’est pas digne de confiance.
Oyuki la vierge n’est pas La chevauchée fantastique, John Ford et John Wayne auront une toute version de cette adaptation de Boule de suif de Guy de Maupassant. Dans Maria no Oyuki, Mizoguchi, sans accorder une part trop importante au scénario, fait passer l’essentiel dans la mise en scène.

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L’impératrice Yang Kwei-fei

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Un coeur lourd qui, dans un palais endormi, enfin se tait. Une voix amante qui depuis longtemps s’était tue. Deux rires à l’unisson, deux rires d’outre-tombe incarnant deux âmes flottantes, deux âmes en liberté. Le cosmos en est tout chose. Ainsi s’achève le film de Mizoguchi. Et l’histoire terrestre de l’empereur Hsuan Tsung et de sa favorite Yang Kwei-fei. Muse tardive du cinéaste, renommée pour sa délicieuse peau au lait, la gamine Machiko Kyo, après avoir incarné une princesse Nô fantômatique dans Les contes de la lune vague après la pluie, prête cette fois sa voix, et son âme, à une concubine de Chine. Concubine à la vie, impératrice à la mort.
Refuge des âmes en peine, l’au-delà de Mizoguchi, d’une exemplaire galanterie, accueille ses héroïnes toujours en premier.
Paradis des coeurs empêchés, l’au-delà de Mizoguchi n’est pas celui de Fulci.

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