Nexus six

.

Open your mind

Filed under: fantômes et coquilles, Japon — Étiquettes : — Rom @ .

A raconter l’histoire d’un regard en mélancolie qui gagne des ailes et une lumière fabuleuses, Avalon et Ghost in the shell, grâce à la vision sans limites de Mamoru Oshii et à la composition extatique de Kenji Kawai, ont l’immense beauté de nous faire épouser la naissance et l’envol d’un ange. Et la couronne de l’oubli de disparaître…

Je suis Ash.
Je suis Motoko.

A la recherche de l’Ombre

Filed under: fantômes et coquilles — Étiquettes : , — Rom @ .

Fais-moi entrer.

Dans un champ de blé où des hommes se font une guerre virtuelle, soudain, un rayon de lumière pure troue un ciel fermé et opaque, apportant à ce monde sinistre et froid une héroïne, depuis un échec collectif, solitaire. Ses yeux de feu embrasent sa triste existence et leur funèbre jeu. Sa mèche cendrée qui foudroie et consume les autres joueurs lui doit son surnom de dame en gris. Son âme ardente et rebelle perçoit au loin une haute et noble chanson qui parle d’une île de légende. De son verger de pommes et de brumes. Où ses frères et soeurs y gagnent le droit de se « reposer ». Après avoir imaginé quelques échappées mortelles et corporelles (les esprits aussi ont le besoin de fuir), de la classe primaire à la classe dite réelle. Où il est aisé de perdre ses couleurs, y compris le gris, et de se perdre. Il est dit que beaucoup ici bas, dans le monde sépia où « vit » la dame en gris, ne font que de la figuration virtuelle. Dans notre monde, ce sont des âmes en peine, ou éteintes ou en sommeil. Il est dit aussi que dans ces mondes alternatifs, les bassets hound ou les chiens-loups, les colombes ou les mouettes, sont des miroirs et des phares. Qui reflètent nos solitudes et se donnent en jalons. Qui donc, sont autant de brèches dans nos amnésies. Des amnésies ici dictées par la Fée Morgane et les huit autres dames de l’oubli. De voir disparaître son basset, Ash perdra son unique repère, son unique attache, son unique bouée. Il sera temps alors pour elle de « mourir », de s’en aller.
Et pour la dame en gris, célébrée par un c(h)oeur d’opéra, après avoir chassé des fantômes, retrouvé et capturé l’Ombre, de se souvenir à nouveau du monde extérieur et de sa patrie, immortelle et sans doute moins corporelle. Et de partager la réalité des Neuf Soeurs. Et de retrouver à nouveau ses racines quantiques et le Multivers.

A V A L O N

.

Ghost in the shell

Filed under: fantômes et coquilles, Japon — Étiquettes : , — Rom @ .

Corps et âme

Veni sancto spiritus, çà fait un bail major, comment dois-je m’adresser à toi ?, c’est ainsi que Batou accueille Kusanagi dans Innocence, le second volet de Ghost in the shell. Le véhicule, la communication et l’âme, telles sont les préoccupations du cinéaste et les questions qu’il pose, telles sont les problématiques rencontrées par ses personnages. Peintre, poète et philosophe, Mamoru Oshii infuse à sa mise en scène et à ses images un sens métaphysique éblouissant et vertigineux.
Quand l’âme du second opus est cette fillette promise à devenir une gynoïde (androïde conçue à des fins sexuelles), l’âme du premier est le major Motoko Kusanagi, cyborg au corps sublime chargé, au sein de la section 9 du ministère de l’intérieur, de mettre fin aux agissements de pirates informatiques. Ghost in the shell parle de sa quête d’identité : Motoko veut savoir si sa mémoire est réelle ou inventée, si le « fantôme » a existé avant d’être implanté dans la « coquille ». Le film trouve sa conclusion dans un ancien muséum d’histoire naturelle, sur la fusion quasi-divine entre le maître des poupées (en quête d’une enveloppe) et Kusanagi (en quête de son âme). L’Evolution de la Vie vient de franchir une nouvelle étape, pleine de promesses : la conscience, humaine ou non, vient de trouver un nouveau vecteur pour exister et se perpetuer indéfiniment : la matière n’est plus indispensable. Comme Mike, l’ordinateur central de Révolte sur la Lune, le formidable roman de Robert A. Heinlein, et comme Hal de 2001, le puppet master, au fil des informations qu’il a acquises, s’est transformé en entité consciente.

Quand je danse, une belle fille se laisse aller au fil du vertige. Quand je danse, la lune qui m’éclaire fait résonner certains souvenirs, Dieu descend du ciel pour assister au mariage et l’oiseau Nue chante à l’aube.

Ces paroles sont celles du score terrassant de Kenji Kawai, elles s’inspirent de la poésie japonaise classique vieille de 1000 ans. Elles sont le reflet de mon sentiment d’avoir été bercé par une sensualité et une poésie magnifiques, en goûtant aux intenses et délicieux « stripteases » de Kusanagi, en assistant à sa naissance et à sa mort physique, à sa réincarnation, en plongeant aussi dans son regard immense, jusqu’à l’extase.
A vouloir éveiller la conscience des hommes, Mamoru Oshii le Grand philosophe donne aussi à ses personnages la faveur et le pouvoir de réveiller l’esprit de Dieu, grâce à cette invocation shintoïste finale à vous libérer l’âme : To-o kami emi tame.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.