Nexus six

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Akira

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A la fin du film d’Otomo, la ville de Tokyo n’est plus qu’un champ de ruines. L’histoire du cinéma japonais est jalonnée d’apocalypses. Les réalisateurs nippons adorent détruire l’immense mégalopole. Le pionnier : Inoshiro Honda et ses kaiju eiga. Godzilla et ses petits frères ont fait de la capitale et des grandes villes japonaises leur terrain de jeu favori. Le Japonais est friand de destructions à grande échelle. Une manière d’exorciser ses angoisses post-atomiques, de soumettre ses démons, de libérer ses fantasmes, d’expier les fautes des pères ? Le Japonais est le plus grand des masochistes. Le film d’Otomo s’ouvre et se clôt sur une apocalypse. Akira débute par un éblouissant soleil blanc. Comme une annonce, celle d’un film visionnaire au pouvoir d’évocation si extraordinaire que la pensée finit par terrasser le regard. L’aveuglant soleil fait place à un béant trou noir. La prison d’Akira. De la première apocalypse, celle provoquée par la colère d’Akira, les hommes ne retiendront aucune leçon. Tetsuo, le jeune biker, l’éternelle victime de brimades, va leur en donner une nouvelle. De belle portée. L’apocalypse de Tetsuo, contrairement à la première, a tout d’une naissance. Un évenement salutaire célébré par le chant des orgues. Une symphonie qui annonce la venue prochaine des divins enfants. Nés de la rancoeur et d’expériences scientifiques, les pouvoirs destructeurs de Tetsuo conjugués au réveil d’Akira accouchent d’êtres célestes. Le futur de l’humanité. Le foetus de 2001 vient de se libérer.
Cette apocalypse-là est infiniment précieuse en ce qu’elle est aussi et surtout à échelle humaine, dédiée à l’amitié de Kaneda et Tetsuo, à leur confrontation (les pouvoirs du second s’opposant à l’amitié qui le lie au premier), à ce qui les a réunit dans la vie.

Parce que çà a déjà commencé…
Je suis Tetsuo…

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