Nexus six

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Cookie

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Buffy tout contre les vampires

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Buffy : Ok. Je suis un gâteau. Je n’ai pas fini de cuire. Je n’ai pas encore pris ma forme définitive de joli gâteau.
Je dois traverser cette épreuve, puis une autre, et peut-être qu’un jour, je m’apercevrai que je suis prête.
Que je suis un gâteau. Et si alors, je veux que quelqu’un me bouffe, ou plutôt se régale d’une petite part de mon délicieux
gâteau tout chaud, çà me va très bien. Ce sera le moment. Quand je serai cuite
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Angel : La pensée qu’on puisse se régaler… Je dois reprendre ton histoire de gâteau ?

Un missionnaire passionné et sanguinaire pour Angel, une levrette sauvage (voire plus si affinités) et des chevauchées fantastiques pour Spike. Buffy tout contre les vampires : une fois n’est pas coutume, et quand bien même ce ne fut pas intentionnel, le titre français de la série sied davantage aux aventures de la baiseuse de vampires. La création de Whedon, sous couvert d’une mission, est le récit d’une initiation, d’une éducation, donc d’une transformation. Profondément et intensément sexuelle. Les trois personnages principaux de la série, les héros de Whedon en général, sont tous à la recherche d’un cadeau, Spike désire une âme (une flamme ardente) pour pénétrer le coeur de Buffy, pour que le feu marche avec eux (« Je la sens, Buffy…mon âme. Le spectacle est garanti »), Angel désire un coeur (un pardon également) pour pénétrer l’âme de la jeune femme (la tueuse et le vampire maudit sont liés par le sang, seul Angel s’abreuvera de celui de Buffy, elle ne le confiera à personne d’autre !), Buffy l’ado est quant à elle à la recherche d’un statut. Celui d’une femme affranchie qui n’entend pas être pénétrée sans pénétrer ses partenaires. Buffy relate donc une histoire de pénétrations contradictoires, réussies ou manquées, et de jouissances. Donc aussi d’abandons. Autrement dit, Buffy relate l’histoire d’une jeune femme qui manie des pieux. A l’envie.

Les exemples de pénétrations ou de velleités de pénétrations abondent, voici parmi les plus fameux :
« Que le spectacle commence », annonce le démon chanteur dans l’épisode musical Once more with feeling, avant que Buffy ne pénètre son repaire, après avoir, sur une note spaghetti, envoyé valdinguer sa porte d’entrée.
« Je n’ai jamais avalé quelque chose d’aussi bon », déclare Buffy au principal Wood qui l’avait invité à dîner dans un restaurant français.
« Tu es prête à en finir, salope », lance Caleb à Buffy, avant d’engager un combat titanesque duquel il ne pourra finir qu’émasculé. Après qu’Angel ait déclaré : « Encore un truc que tu veux finir toute seule » !

« What more you want », Buffy ?

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Serenity

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Serenity est un vaisseau spatial. Un vieux coucou qui porte mal son nom. Un personnage à part entière, qui ressemble beaucoup au Bebop de Watanabe. Mal, le Capitaine du Serenity, ressemble aussi beaucoup au cowboy de l’espace. Mal est le héros et le vétéran d’une guerre perdue. Une guerre de sécession. Pour emmerder le vainqueur, il est devenu un hors-la-loi. Mal, comme tous les champions de Whedon, s’est entouré d’une famille : Zoe, la seconde ; Kaylee, la jolie mécano qui en a ras-le-bol des plaisirs tirés de gadgets à pile ; Jayne, le gros bras qui, à chaque casse, beugle le nom de Mal ; Wash, le pilote ; deux auto-stoppeurs, un docteur et sa soeur, River, une jeune télépathe aux talents cachés qui, en partie, vont se révéler ; Inara, la belle princesse, une courtisane désormais formatrice (elle apprend à mentir dans un palais du plaisir). Comme Buffy, Mal est confronté à un Caleb. Un croyant. Un pur de dur. C’est aussi son histoire. Whedon n’a de cesse de délivrer le même message : le mal réside et s’épanouit dans l’uniformité, le conformisme, l’intégrisme, le puritanisme, et ses serviteurs ont l’apparence de prêcheurs ou de yuppies (des morts-vivants en vérité) : l’opérateur dans Serenity, Caleb et ses larbins aveugles dans Buffy, les employés de Wolfram et Hart dans Angel. Le mal dans Serenity et chez Whedon se manifeste dans la lumière (la planète Miranda baignée d’une lumière blanche et aveuglante, les projecteurs des vaisseaux termites), les décors immaculés et asseptisés (les laboratoires de l’Alliance, ceux de l’Initiative dans Buffy, les bureaux de Wolfram et Hart dans Angel). Le bien, au contraire, se révèle dans les ténèbres, dans les décors rongés par la rouille, dans le bordel et le cosmopolisme. Celui de Blade Runner : le refuge du Serenity et de son équipage.
Serenity, le film, est un western et un road-movie galactique : les nouvelles terres formatées ont remplacé les déserts d’Amérique et d’Australie. Ceux de Billy et de Max.
Serenity est aussi une balade irlandaise. Au début de l’histoire, lorsque le Serenity a du mal à pénétrer l’atmosphère d’une planète pour permettre à son équipage d’y commettre un hold-up. Au milieu de l’histoire, lorsque Mal retrouve Book et sa communauté. A la fin de l’histoire, lorsque le Serenity décolle à nouveau, pour fendre un orage, en laissant un morceau de sa carlingue. Pour continuer l’aventure.
Serenity, comme souvent chez Whedon, met également en scène un couple : une robot femelle mélancolique et son créateur, un génie baptisé Mr Univers, autrement dit la projection de Joss.
Serenity, après celle d’April et de Buffy, raconte aussi une balançoire. Et celle-ci est en feu.

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Coquilles

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C’est la gorge serrée que le spectateur finit cet épisode d’Angel. Winifred Burkle quitte le foyer parental pour prendre la route de la Cité des Anges. Et vivre les aventures fantastiques que l’on sait. Survivre dans une dimension où les humains sont nommés vaches. Et traités comme tels. Avant de rejoindre l’équipe d’Angel. Avant Un trou dans le monde. Avant que le démon Illyria ne prenne possession de son enveloppe corporelle. Et ne prenne l’habitude d’adresser des mensonges à Wes. Des mensonges ?
Ancien ayant régné sur la Terre bien avant l’avènement des humains, du Loup, du Belier et du Cerf, après avoir sommeillé des millions d’années dans le trou du monde, Illyria a la ferme intention de reconquérir son royaume en levant une nouvelle fois sa grandiose armée. Mais l’armée en question n’est plus que cendres et poussière depuis longtemps. Et son majestueux palais n’est plus que ruines. L’immense statue qui le représentait jadis ne lui renvoie plus la gloire qui fut la sienne. Coincé dans un monde trop petit pour son ego, Illyria, débarrassé de son Qwa’ha Xahn par un Wesley qui n’écoute plus Angel, va devoir apprendre à ses côtés le travail d’équipe. Et à gérer sa nouvelle coquille. Comme son titre l’indique, Shells, mais aussi les derniers épisodes d’Angel, racontent une histoire de coquilles. De flammes et d’étincelles encore davantage. La plus poignante jamais racontée et mise en scène. Nothing less.

In loving memory of Fred…

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Chagrin d’amour

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I was made to love you raconte l’histoire d’April, un superbe robot femelle créée pour être amoureuse de son créateur (qui ne le mérite pas), Warren (un futur méchant pour Buffy, une future « victime » de Dark Willow) qui l’a abandonné pour convoler avec une « vraie » femme. Après avoir retrouvée le chemin de Sunnydale, April cherche Warren dans toute la ville, « questionne » tous ses habitants (Spike va mordre la poussière : April ne sert que Warren), se heurte à Buffy (en réalité l’inverse), retrouve Warren après avoir trouvé sa nouvelle compagne, malmène celle-ci, se heurte à nouveau à Buffy, lui grogne même après. Après avoir mis fin aux hostilités, Buffy et April se retrouvent sur une balançoire, à évoquer la perte de l’être cher. April n’a plus d’énergie, elle sourit avant de s’éteindre.
On l’aura compris, Chagrin d’amour est un épisode irrésistible, mais son final est l’un des plus beaux, l’un des plus mélancoliques jamais vus sur un écran.

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Angel

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Bien plus qu’un simple dérivé, Angel crée son propre univers, un univers multi-dimensionnel (donc, d’une richesse infinie) peuplé de démons qui, paradoxalement, en disent long sur l’humanité et sur le mal qui la ronge. Angel, le Vampire, a autant de choses à dire que Buffy, la Tueuse de vampires : sa quête rédemptrice est aussi intense que la quête identitaire de Buffy, ses exploits seront aussi légendaires que ceux de son âme soeur. Les membres de son équipe, adultes cette fois, ont autant de comptes à régler avec les démons. Avec leurs démons également. Bien-sûr, Angel, après avoir quitté Sunnydale, la ville balnéaire (trop étriquée pour ce qu’il avait à accomplir), et Buffy (qui, par sa présence, le freinait dans sa mission et son ascension), ne pouvait atterrir qu’à Los Angeles, la Cité des Anges, ville de prédilection des noctambules (donc, des créatures de la nuit), ville qui ne dort jamais, et refuge des âmes perdues, terreau idéal pour démons en tous genres, et des êtres en quête de pardon. Angel doit oublier et faire oublier Angelus. Plus ancrée dans les tourments de l’humanité que sa série soeur (Buffy l’était surtout dans les affres de l’adolescence), Angel donnera l’occasion à son héros et à son équipe d’affronter l’Apocalypse, la vraie, celle que l’humanité endure tous les jours. Les associés de Wolfram et Hart (qui prend la forme d’un cabinet d’avocats !) ne sont que le reflet de l’âme humaine. L’équation est simple : le Bien ne vaincra jamais le Mal, et le Mal ne vaincra jamais le Bien. Angel, le bi-centenaire (une moitié passée au service du Mal), ne pouvait finir comme Buffy, l’ado devenue femme. La victoire de Buffy se devait d’être totale (les certitudes de la jeunesse), celle d’Angel plus incertaine et moins radicale (les incertitudes de la sagesse). Car le but d’Angel, en déclarant la guerre au Loup, au Bélier et au Cerf, n’est pas seulement d’adresser un grand coup de pied dans la fourmilière, il est aussi et surtout de donner l’exemple, de dire que la somme de petites victoires (fussent-elles grandes) est finalement importante. Le message d’Angel et donc de Whedon est clair : ce qui compte finalement, c’est combattre. C’est ce que veut dire le final en suspens de la série.
Plus mythologique que Buffy contre les vampires, Angel raconte donc une ascension, celle de son héros, au rang d’agent mythologique du Bien (si le final est si beau, c’est aussi parce qu’on comprend qu’il en acquiert les galons à ce moment-là) pour rétablir l’équilibre avec ce qu’il fut en tant qu’Angelus, un agent mythologique du Mal.

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