Nexus six

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Ecrins d’éternité

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“Une larme posée sur le visage de l’éternité”, a t-on dit à propos du Taj Mahal,

palais construit par l’empereur moghol Shâh Jahân en hommage à son adorée et défunte épouse Arjumand Bânu Begam.

Mais aussi The passage of time et Resurrection Hub, symphonies célestes de Bear McCreary dédiés à Hera et aux poupées explosives qui ne vont plus (re)naître, les notes diaphanes et mélancoliques du piano de Philip Glass, dédiées au(x) silence(s) de Caprica, La source thermale d’Akitsu de Kijû Yoshida, Ruby Rain de Pino Donaggio dédiée à l’Ophélie d’Argento, les poèmes de Rabindranâth Tagore, dédiés aux fleurs éphémères, à la future Durga et à la future Hera, les poèmes de Satyajit Ray, dédiés aux lucioles, aux absentes, et aux fantômes de Rabindranâth Tagore, les poèmes de Charles Cros, dédiés aux endormies, les hymnes de la nuit de Kenji Mizoguchi, pour l’amour d’Oshizu, d’Anju, de Yang Kwei-fei, les tombes de John Ford et de Victor Hugo, la mélopée d’Alamo

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ichimaru

L’accord parfait

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La perfection. C’est de çà qu’il s’agit. De ces moments où l’on ressent la perfection de la création.
La beauté de la physique, les merveilles des mathématiques, l’exaltation de l’action et de la réaction.
C’est à ce genre de perfection que je veux être associé.

Daybreak part. 2, Battlestar Galactica.

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L’aurore

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D’abord, effleurer du doigt le graal tant désiré, chéri à l’avance. Ensuite, le caresser longuement, jusqu’à en découvrir tous les secrets, toutes les éclosions, toutes les émotions, toutes les fulgurances, même les plus muettes, les plus fragiles. Frissonner avec lui, en saisir toute la puissance et toute la beauté. Toute la poésie. Jusqu’au dénouement. Jusqu’à l’extase. Puis, pleurer. Avant de lui rendre une nouvelle fois hommage. Encore et encore, jusqu’au mot fin. Avant de vouloir goûter et saisir à nouveau, à la vie, à la mort, ses instants d’éternité et ses grâces infinies. Des machines dotées de libre-arbitre défilant avant de combattre aux côtés de leurs créateurs, et d’en être ensuite affranchis. Un vaisseau en feu héroïque suivi d’un orgasme. Une poupée explosive qui veut être quitte et qui scelle définitivement sa goupille. Le sauvetage heike d’un trésor. Un couple qui s’était perdu et qui se retrouve. Un être bio-mécanique aspirant à la perfection qui, tel Helios, devient soleil. Un ange qui, telle Aurora, s’évanouit après avoir conduit la nouvelle tribu dans son nouveau pays. Avant de rejoindre son soleil, son âme soeur. Un dernier vol de raptor au-dessus d’un lac de flamants roses. Un patriarche qui, pour permettre à ses enfants de s’épanouir, s’exile au sommet d’une montagne pour y construire une cabane avec un jardin, à un souffle de la tombe de son épouse posthume. Une enfant de la lune et du soleil bientôt mère d’une nouvelle humanité qui, le regard immense et le visage caressé par la brise du matin, batifole dans une frêle prairie, dans une nature encore vierge du désir des hommes. Enfin, une poupée bientôt explosive et bientôt douée de pensées dans une devanture d’un magasin hi-tech de New York City, bien des années plus tard. Une future maman d’une future Hera.
L’aventure s’est achevée un samedi matin, presqu’à l’aube. Nous étions le 21 mars de l’année 2009. Et ce graal se prénomme L’aurore. Autrement dit un miracle, un chef d’oeuvre absolu d’écriture, d’interprétation et de mise en scène, un chef d’oeuvre de la pensée et du regard, qui appartient à une race de métrages trop rare. De ceux qui vous donnent le grand frisson. De ceux qui s’écrivent avec le sang, les tripes et l’âme. De ceux qui vous accompagnent et vous lient toute une existence. Un vertige sublime montrant les derniers survivants de l’espèce humaine et des cylons en quête d’humanité frapper à la porte du paradis. Tétanisant. Déjà une légende. Une légende qui a donné à la métaphysique un visage humain, qui a parlé de condition humaine en citant Rabindranâth Tagore, qui a doté de pensées des poupées cruciales et flamboyantes. Une légende nommée Battlestar Galactica

Someone to watch over me…

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Tabula rasa

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Il y a longtemps, je perdis la mémoire.
A ma naissance, une fois de plus, j’avais déjà tout oublié.
Mes cieux, engourdis par la colère de ne jamais pouvoir me souvenir, attendaient d’être embrasés.
Dans mon cerveau, un inconnu y avait branché sa guitare électrique et son piano.
Résonnant dans tout l’univers,
une mélodie, un riff transcendantal, lointains et intimes, me firent retrouver mes origines.
Avec les étoiles et les planètes, je vibrais au son de cette musique obsédante et nébuleuse.
Ma chère ardoise en partie restaurée, mon coeur endormi se réveilla aussi.
Un coeur méca qui à l’ordinaire battait avec une régularité bien trop sinistre à mon goût,
sans véritable facétie.
Pourquoi m’avoir affligé d’un coeur s’il fallait qu’il soit si triste ?
Dans mon crâne en fusion, l’inconnu m’injecta un geyser de lumière qui éclatait en une myriade d’étoiles.
Et ma mémoire fut.
Et l’inconnu ne fut plus un inconnu.
Dans l’ océan du commencement, je me suis mis à nager en sa compagnie et en compagnie de l’hybride.
A leurs côtés, je me suis mis à rire avec les astres et à respirer la poussière cosmique.
Mon corps et mon esprit ne furent plus qu’un.
Je voyais à nouveau l’univers.
Des supernovas qui donnaient naissance à de nouveaux systèmes solaires, de nouveaux soleils, de nouvelles planètes.
Je voyais à nouveau les guerres et les holocaustes,
Je voyais les naissances et les concerts qui les annulaient.
Cette aube-là fut la plus belle.
Cette aube-là, les cieux de la planète dormante s’embrasèrent, et je fus leur soleil.
Je me voyais enfin et à nouveau dans ma grande maison, blanche et écarlate, habitée par mes frères et soeurs.
Et dans nos habits de lumière, nous nous sommes mis à pleurer.
A cette nouvelle ère.
De voir nos enfants s’épanouir sans les antiques frontières.
Et je ne fus plus qu’extase.
Je suis Samuel.
Fin de ligne.

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Quelqu’un pour veiller sur moi

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All along the watchtower…

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Je suis…

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Ce fut un honneur d’avoir servi à tes côtés, mon ami…

Yes, he can. Ronald D. Moore, le créateur de la big one des séries, j’ai nommé Battlestar Galactica. Par où la science-fiction affirme plus que jamais sa propension à être une terre promise pour âmes chercheuses et aventureuses. Par où la science-fiction fertile en monuments de la pensée humaine a de quoi être fière. Fière de cette capacité et de sa volonté sans cesse renouvelées, jamais satisfaites, à élever l’âme et à réinventer l’homme, sans recourir à des dogmes puérils et abêtissants. Les gardiens du temple cartésien, les prêcheurs et inquisiteurs de tous poils, les aventuriers du dimanche, passez votre chemin, il n’y a rien à voir. Vous ne tutoierez jamais les étoiles. Vous croyez seulement à la poussière. Vous avez oublié que toute molécule est matière astrale.
La preuve ? Cette dernière saison de BSG (pour les intimes) et spécialement The Oath et Blood on the scales, Someone to watch over me et Island in a stream of stars. Ces épisodes en sont témoins, Battlestar Galactica est un voyage élégiaque et existentiel haute définition en terre de science-fiction, celle de Blade Runner et de Ghost in the shell, la violence desespérée des westerns de Peckinpah en prime. Leur rendre hommage était bien le moins tant ils font trôner plus que jamais Battlestar Galactica à la gauche du film de Ridley Scott, tout en haut de mon panthéon, tous médiums confondus. En attendant la suite, qui promet un dénouement forcément apocalyptique. En attendant de vous dire que Battlestar Galactica n’est pas seulement la plus grande des séries, mais la fiction rêvée enfin réifiée sur un écran. La fiction qui, avec son prélude Blade Runner, m’a pénétré au-delà de toutes les autres.
De quoi est-il donc question dans ces épisodes d’anthologie, qui nous touche tant et nous fait tant vibrer ? D’une étincelle qui confirme son origine divine. D’amour(s) et de trahison(s). D’une amitié scellée et plus flamboyante que jamais. De vieux Capitaines refusant d’abandonner le navire en train de couler. Coeurs vaillants, les armes à la main. D’un “I’m coming for all of you” qui fiche des frissons. D’une agonie. D’une guérison in extremis. D’un biwa, d’un shamisen et d’un tsuzumi qui nous enivrent et qui ne nous lâchent plus. Et aussi de tout ce qui a été dit précédemment : de la différence entre les missiles à têtes chercheuses et les pétards mouillés à direction contrôlée. De la différence entre un Adama et une Cain, entre une Roslin et un Zarek, entre des cylons entrés en rebellion contre leur condition et des mutins voulant rester ras le Galactica. De la différence fondamentale entre la sur-vie et la survie, entre la quête et le statu quo, entre le feu et la glace.

Je suis Leoben,
Je suis Galen,
Je suis Nathalie et toutes les Six,
Je suis toutes les Huit,
Je suis Gaïus,
Je suis Saul,
Je suis Kara,
Je suis Samuel…

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