
Ce fut un honneur d’avoir servi à tes côtés, mon ami…
Yes, he can. Ronald D. Moore, le créateur de la big one des séries, j’ai nommé Battlestar Galactica. Par où la science-fiction affirme plus que jamais sa propension à être une terre promise pour âmes chercheuses et aventureuses. Par où la science-fiction fertile en monuments de la pensée humaine a de quoi être fière. Fière de cette capacité et de sa volonté sans cesse renouvelées, jamais satisfaites, à élever l’âme et à réinventer l’homme, sans recourir à des dogmes puérils et abêtissants. Les gardiens du temple cartésien, les prêcheurs et inquisiteurs de tous poils, les aventuriers du dimanche, passez votre chemin, il n’y a rien à voir. Vous ne tutoierez jamais les étoiles. Vous croyez seulement à la poussière. Vous avez oublié que toute molécule est matière astrale.
La preuve ? Cette dernière saison de BSG (pour les intimes) et spécialement The Oath et Blood on the scales, Someone to watch over me et Island in a stream of stars. Ces épisodes en sont témoins, Battlestar Galactica est un voyage élégiaque et existentiel haute définition en terre de science-fiction, celle de Blade Runner et de Ghost in the shell, la violence desespérée des westerns de Peckinpah en prime. Leur rendre hommage était bien le moins tant ils font trôner plus que jamais Battlestar Galactica à la gauche du film de Ridley Scott, tout en haut de mon panthéon, tous médiums confondus. En attendant la suite, qui promet un dénouement forcément apocalyptique. En attendant de vous dire que Battlestar Galactica n’est pas seulement la plus grande des séries, mais la fiction rêvée enfin réifiée sur un écran. La fiction qui, avec son prélude Blade Runner, m’a pénétré au-delà de toutes les autres.
De quoi est-il donc question dans ces épisodes d’anthologie, qui nous touche tant et nous fait tant vibrer ? D’une étincelle qui confirme son origine divine. D’amour(s) et de trahison(s). D’une amitié scellée et plus flamboyante que jamais. De vieux Capitaines refusant d’abandonner le navire en train de couler. Coeurs vaillants, les armes à la main. D’un “I’m coming for all of you” qui fiche des frissons. D’une agonie. D’une guérison in extremis. D’un biwa, d’un shamisen et d’un tsuzumi qui nous enivrent et qui ne nous lâchent plus. Et aussi de tout ce qui a été dit précédemment : de la différence entre les missiles à têtes chercheuses et les pétards mouillés à direction contrôlée. De la différence entre un Adama et une Cain, entre une Roslin et un Zarek, entre des cylons entrés en rebellion contre leur condition et des mutins voulant rester ras le Galactica. De la différence fondamentale entre la sur-vie et la survie, entre la quête et le statu quo, entre le feu et la glace.
Je suis Leoben,
Je suis Galen,
Je suis Nathalie et toutes les Six,
Je suis toutes les Huit,
Je suis Gaïus,
Je suis Saul,
Je suis Kara,
Je suis Samuel…