Espace, frontière de l’infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial. Sa mission : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations,
et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu…
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Aux rayons de soleils

Spleen
J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où, comme des remords, se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.
Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
- Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.
Charles Baudelaire.
En lisant ce poème que j’aime et qui m’aime,
je songe à mes souvenirs que j’aime et qui m’aiment,
à mes très chers déjà vus,
aux anges échus de Tarkovski ou d’Oshii,
aux flics déchus et aux putes angéliques d’Ellroy,
aux rêveuses de Victor Hugo et aux dormeuses de Charles Cros,
à l’Ophélie de Rimbaud et d’Argento,
aux amoureux et aux amoureuses de Tagore,
à la lune et à la mer de Baudelaire,
à mes dormeuses et à mes dormeurs,
à la mer silencieuse et noire qui, d’astre en astre, attend avec nonchalence l’aventurier de demain,
à mes frères et soeurs d’âmes,
aux explorateurs et aux archéologues, à ceux d’hier et à ceux du futur,
à Howard Carter et au Capitaine Jean-Luc Picard,
à Hera dans National Geographic,
à la fille projetée de Boomer et de Galen,
au “I’m coming for all of you” de Laura Roslin,
au “All along the watchtower” de Kara Thrace,
à la destruction du vaisseau résurrection,
aux chauds sanglots et aux morts de Boomer, aux visions de Leoben,
aux centurions défilant sur le pont du Galactica,
au dernier vol et aux flamants roses de Laura Roslin et William Adama,
au dernier combat et au dernier saut du Galactica, à son dernier voyage,
aux adieux de Kara,
à la perfection de Sam,
au dernier voyage de Kosh et Sheridan,
à l’âme pure et chevaleresque du Marcus d’Ivanova,
à la plus belle aube de Minbar,
à la main de Delenn qui, chaque aurore, parvient à atteindre et à caresser son soleil,
à l’empreinte de G’Kar partout laissée sur l’héroïque station Babylon 5, et dans les âmes de ceux qui l’ont entendu,
au vaisseau en feu d’Hiroshi,
aux poèmes flamboyants de Batty,
aux jouets de J.F Sebastian,
aux larmes de Rachel, à la langue morte de Pris,
à la frêle poitrine de Catherine Spaak, au sourire enjôleur du gracile et grâcieux Chevalier de Maupin,
à la blanche Mariko Okada, aux pétales envolées et écarlates d’Akitsu,
à la fille du puisatier qui voudrait se cacher dans une boîte,
aux danses enflammées de Shah Rukh Khan, au regard en or de Kajol,
à l’âne Balthazar qui, lentement un matin, s’est endormi au milieu d’insoucieux moutons,
aux vertiges et aux quantiques de Carpenter,
aux rêves enfouis de John Ford, aux chevauchées du Duke,
aux bras de John Wayne portant au ciel la jeune Debbie,
aux larmes travesties de Melville,
aux dernières vérités d’Illyria,
à Buffy qui, dans la Bouche de l’enfer, se relève pour dire merde au Premier,
au sourire et à la mort d’un Rayon de soleil,
à la mort et au sourire de Daniela,
aux lucioles de Takahata,
aux braquages et aux échappées d’Omar Little,
au cimetière des éléphants, au royaume de Jane et Tarzan,
au bain de la comtesse de Lyndon,
aux derniers feux et aux dernières ombres du Berlin de La chute,
aux vents de Phenomena,
au “toute résistance est futile” des Borgs, et des profanateurs de Ferrara,
à l’oiseau rouge de Mugen,
aux trompettes d’Alamo,
à la main droite et à la main gauche de Durga,
aux rosées et aux lotus de Satyajit Ray,
aux lagons perdus de Michael Mann,
à l’avant dernier mohican et à la jeune fille qui n’a jamais atterri,
aux larmes de Billie Frechette,
aux évasions de John Dillinger,
à la flûte enivrante et au tigre endormi du Sixième sens,
à l’aube nouvelle de Max le taxi,
aux zombies liminaires et insouciants du Jour des morts-vivants,
aux souvenirs de Bub, à la révolte de Big Daddy,
au précieux de Gollum,
à la communauté de l’anneau,
au fils à venir d’Arwen et d’Aragorn,
à King Kong qui apprend aux bus et aux blondes à voler, à son royaume perdu,
à Tabata qui apprend à sa future tendre à voler puis à suspendre son vol,
aux prostituées libérées de Kill, la forteresse des samouraïs,
aux seins nus des femmes létales et tatouées de Gosha, à leurs corps à corps,
au corps dédié et oriental du Marc-Antoine de Milius,
aux orgies et au lit orphelin de Cleopâtre et Marc-Antoine,
aux voix et aux fresques érotiques du Narcisse noir qui, jusqu’à la fin des temps, continueront à s’extasier,
au lac d’Anju qui, toujours, murmure son refrain affligé,
aux voix d’outre-tombe et aux cerisiers de Mizoguchi qui, chaque jour, délivrent un remords et voient une fleur s’envoler,
à la Yang Kwei-fei de Bai Ju-yi,
aux rivières de Naruse,
à mes oreilles charmées par la sonorité des bijoux chevillés aux danseuses de Bollywood,
à mes oreilles bercées par les symphonies de Bear McCreary, par les mélancolies de Philip Glass, par l’”Au clair de lune” de Beethoven et de Van Sant, par la voix de Lata Mangeshkar pour “Kucch dil ne kaha”,
à mes oreilles enivrées et extasiées par des langues chantantes et lointaines, mais malgré tout familières, par le “Chaiyya Chaiyya” de Sapna Awasthi et Sukhwinder Singh, par les accents heike de Blade Runner et Battlestar Galactica, par les “To-o kami emi tame” des Ghost in the shell,
à mes oreilles chavirées par le trip fantômatique de Mugen, ou le trip lunatique d’Argento et de Donaggio,
à mes oreilles bouleversées par les plaintes de Nang Nak,
à mon coeur enflé par les tambours du Japon, ou le Morricone de Colorado et de Navajo Joe,
à mes narines flattées par des parfums caressants et lointains, mais autrefois si proches,
à mon palais et à mes yeux ravis des saveurs et décors du très indochinois “Madame Butterfly”,
à mes yeux ensorcelés par les danses du ventre de Salma et Malaika, ou par la poitrine de Faye Valentine,
à mes yeux enorgueillis par les saris et les étoffes fragiles,
à mes yeux fiers d’avoir contemplé et admiré le majestueux Sphinx et les pharaoniques pyramides, les magnifiques fresques du tombeau de Ramosé,
à mon regard enchanté d’avoir baisé les rives fleuries et prodigues du Nil, et au-delà, d’avoir soupçonné un désert parfait,
à mes pas subjugués d’avoir, à Karnak et au temple de Louxor, arpenté la terre arpentée il y a 3300 ans par les pieds royaux et complices de Touthânkamon et Ânkhésenpaamon,
à mes pas effarés d’avoir foulé la terre tombale et rosée des pharaons, la Vallée matricielle des Reines, la Vallée phallique des Rois,
d’avoir, sur le pont et dans le salon du S.S Karnak d’Agatha Christie, calqué mes pas et mes cocktails sur ceux d’Hercule Poirot,
à mon âme éblouie d’avoir partagé le tombeau de quelques Reines d’Egypte, d’avoir partagé le lit poétique des princesses khmers,
à mon âme irradiée de tous ces très chers souvenirs,
à mon âme avide de rêveries et de souvenirs futurs ; à Pétra, à Abu Simbel, à Pompei, à Rome, à Borobudur, à l’île d’Elephanta, à Jaipur, à Jodhpur, à Udaipur, à Khajuraho, au Taj Mahal, aux bains d’Hakone, aux daims de Nara, aux temples shintô, aux lagons de Bora Bora et ses soeurs, aux gorges du Verdon, aux jungles et aux volcans de Java, à Monument Valley et au Grand Canyon, au lac Powell de La planète des singes et à Yellowstone, aux cratères de la Lune, à l’ardente Venus, au sable rouge de Mars, aux vents de Jupiter, aux lacs de Titan, aux anneaux de Saturne, aux glaces de Pluton, aux soleils d’Alpha du Centaure, à Gliese 851, et à plus loin encore,
à mon âme envieuse de chimèriques amazones et de cités enfouies, d’explorer les merveilles perdues ou mythiques, des jardins suspendus de la fière Babylone au temple d’Artemis, de la tour de Babel aux harems de l’Inde pré-victorienne, en passant par le palais oublié et fantastique du Voleur de Bagdad, ou encore Fondcombe, La Moria, Minasterith, le gouffre de Helm, Osgiliath, Lorien, les tours de l’Isangar et du Mordor, la Comté, le Bradbury Building et les pyramides de la Tyrell Corporation, Naboo et Coruscant, la planète-mère des Vorlons et ses secrets, Z’ha’dum et ses ombres, Risa et ses sirènes…
Aussi, me sera-t-il permis, cet automne au pays du sourire, de louer et, plus profondément encor, d’aimer ce très cher poème de Baudelaire aux pieds des temples enlacés d’Angkor, aux pieds du Bayon ou du Ta Phrom, maintes fois visités, il y a peu, et bien longtemps, sous d’autres hospices, papillon qui, avec délice, s’en exhalait ou serpent qui, languissamment, la moindre pierre en caressait, jeune tigre rôdeur au feulement curieux ou petit singe mendiant et voleur, tailleur d’apsaras ou joueur de flûtes enchantées.
Aux rayons de lunes aussi.
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Qui êtes-vous ?
Que voulez-vous ?
Pourquoi êtes-vous ici ?
Où allez-vous ?
(Lorien !)
Croyiez-vous avoir été oublié ?
Nous vous attendions.
(Au-delà des limbes)
Oui.
(Pourrais-je revenir ?)
Non.
Ce voyage se termine.
Un autre commence.
Il est temps de se reposer maintenant.
(Eh bien… Regardez-çà. Le soleil se lève.)
Quant à Delenn,
chaque matin jusqu’à son dernier jour
elle s’est levée avant l’aube pour voir le soleil se lever.
Babylon 5, L’aube au crépuscule.
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Taizhen

Danser et flirter avec les étoiles, avec les ghaziyas et les apsaras, avec des princesses d’Inde et d’Egypte. Filmer les absents. Filtrer la vérité et la beauté du monde. Maquiller la vie d’un rimelle de mélancolie, l’habiller d’un voile d’extase antique. S’inventer des milliers de souvenirs. Se réinventer tous les jours. Vivre des milliers de fantasmes. Se réincarner à volonté, sans faire abstraction de ses précédentes expériences. Telles sont les beautés notoires du cinéma et des séries télé.
Quelles en sont les beautés secrètes ?
Chez Wong Kar-wai, révéler le langage secret de la bouche de Zhang Ziyi, dire des femmes sublimes qu’elles finissent en fumerolles de cigarettes, qui deviennent autant de nuages flottants, dire qu’une larme de Zhang a la grâce cristalline d’une note de piano de Philip Glass, dire aussi qu’une Zhang, visage de fleur et teint de neige, a tout d’une Taizhen (Très pure essence).
Chez Gus Van Sant, d’Elephant à Gerry, murmurer le secret du cosmos, qui crée autant de mirages et de vertiges.
Chez Satyajit Ray, dévoiler le langage secret du lotus et de la rosée, ou des jeunes filles qui dansent sous la pluie.
Chez Mamoru Oshii, comme chez Ronald D. Moore, dire que les poupées pleurent aussi, montrer qu’en chaque plume ou chaque flocon de neige versé on peut voir un ange tomber, qu’en nombre d’hélicos ou vipers s’élever on peut admirer un ange s’envoler, qu’en nombre de balles déversées on peut voir une larme absoudre, dévoiler le langage secret des mouettes ou des colombes, dire enfin qu’Oshii se prononce aussi Tsugé.
Chez Kenji Kamiyama, dans Ghost in the shell : Stand alone complex, où il est dit que d’une larme de tachikoma, on peut voir le Ciel.
Chez John Ford, pleurer des déserts perdus et filmer des cavaliers qui pleurent des absentes.
Chez Akira Kurosawa, où en chaque flèche tiré on peut voir une âme terrassée, montrer également des âmes chanceller.
Chez Michael Mann, filmer en haute définition des fantômes apaches hantant les nouveaux déserts d’Amérique.
Chez Mikio Naruse, dire que d’une larme d’Hideko affleure la promesse d’un sourire. Et inversement.
Chez Kijû Yoshida, dans La source thermale d’Akitsu, montrer une nuque blanche pour pleurer un ange mortifié, dire que de son sang versé la Voie lactée bien qu’attristée en soit constellée.
Chez Kenji Mizoguchi, dire qu’un lac gelé ne gèlera jamais une âme échappée, dire aussi que d’un palais endormi, l’écho de deux rires libérés verra à l’aube chanter l’oiseau Nue.
Chez Stanley Kubrick, donner une vision implacable et exaltante de l’Univers, de l’Homme et des aléas de son Evolution, autrement dit ne pas prendre les certitudes scientifiques et prétentieuses de l’homme pour des réalités universelles, dire merde à la stupide théorie de Fermi, dire merde à Einstein aussi.
Chez Andreï Tarkovski, c’est la mer allée avec l’âme, où il est dit aussi que chaque flocon de neige est une larme d’ange, connaître le secret de la cloche et du cuivre qui sonne, connaître le langage des algues et des ruisseaux, de la pluie et du vent.
Chez Jean-Pierre Melville, c’est l’océan allé avec l’âme des résistants et des samouraïs, où il est dit qu’une larme travestie appartient à celui qui la met en scène.
Chez George A. Romero, où il est dit qu’un zombie peut avoir du vague à l’âme.
Chez Dario Argento, donner un sens opératique, esthétique, érotique, lunatique, baudelairien à la peur, dire que son vertige est aussi son exaltation.
Chez John Carpenter, dire merde à notre perception naïve de la réalité du monde en créant d’innombrables et insaisissables créatures quantiques, accorder foi à la théorie du Multivers, donner un sens infiniment plus profond aux miroirs.
Chez Peter Jackson, traduire Victor Hugo au cinéma, dire qu’un regard de Kong peut être aussi bien une brise qu’un ouragan.
Chez Tsui Hark, dire merde à Einstein et à sa loi de la relativité, vouloir franchir le mur soi-disant infranchissable de la vitesse de la lumière ; dire merde à Newton et à sa loi de la gravité, s’affranchir du diktat de la pesanteur.
Chez Shunji Iwai et dans Love Letter, dire que la neige réveille les tendres souvenirs de l’enfance et n’efface pas les douleurs de l’adulte.
Chez Ridley Scott et dans Blade Runner, dire que les jouets orphelins de J.F Sebastian attendent tous les jours son retour, dire qu’une langue d’androïde flamboyante est précieuse, dire que seuls les androïdes peuvent encore pleurer, montrer aussi que d’une larme de Nexus on peut voir une âme s’écouler sans se renier.
A suivre…
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Histoires de fantômes

Voir/écouter Nang Nak de Nonzee Nimibutr, Chatchai Pongprapapan et Pakawat Waitwittaya pour dire que filmer des fantômes ou des futurs fantômes est l’une des plus belles vertus du cinéma. A preuve aussi Battlestar Galactica de Ronald D. Moore, Bear McCreary, et Philip Glass dédiée à Hera 150000 ans plus tard, à Boomer et Nathalie Six, à Leoben et Daniel, à Aurora et Helios, à l’hybride et à toutes les poupées avortées, Blade Runner de Ridley Scott et Philip K. Dick dédié au(x) fantôme(s) de Rachel et Batty, aux jouets de J.F Sebastian et à toutes les poupées érotiques des colonies de l’espace, Cowboy Bebop de Shinichiro Watanabe et Yôko Kanno dédiée à Françoise et à Faye Valentine, La trilogie d’Apu de Satyajit Ray et Rabindranâth Tagore dédiée aux lucioles, à Durga et Aparna, La mort dans la peau de Paul Greengrass dédié au(x) fantôme(s) de Jason Bourne, Ghost in the shell de Mamoru Oshii et Kenji Kawai dédié au ghost de Motoko, Akira de Katsuhiro Otomo dédié à Akira et Tetsuo, Angel de Joss Whedon dédié à Fred et Wesley, et aux soi-disants mensonges d’Illyria, The Wire de David Simon et Ed Burns dédié au fantôme de Baltimore, Omar Little, Elephant de Gus Van Sant et Beethoven dédié aux fantômes de Colombine, Shining de Stanley Kubrick dédié aux fantômes lubriques dudit Kubrick, Collateral de Michael Mann dédié aux fantômes venus du désert, Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata et Akiyuki Nosaka dédié à deux petits fantômes de Kobe, Kill Bill de Quentin Tarantino, Ennio Morricone, Meiko Kaji et RZA, dédié à Beatrix Kiddo, à Lady Snowblood et Sasori, Pulp Fiction de Quentin Tarantino dédié à Mia Wallace et aux fantômes dudit Tarantino, Little Big Man d’Arthur Penn dédié à Rayon de soleil et ses soeurs, Love Letter de Shunji Iwai et Remedios dédié au fantôme gelé de Fujii Itsuki et d’Hiroko Watanabe, Trauma de Dario Argento et Pino Donaggio dédié à l’Ophélie de Rimbaud et aux lunatiques de Baudelaire, Le narcisse noir de Michael Powell, Emeric Pressburger, Alfred Junge, Brian Easdale, et Jack Cardiff dédié aux voix érotiques de l’Inde quatre fois millénaire, The Lovers de Tsui Hark et James Wong dédié à un couple de papillons raconté par des cigales, Mohabbatein d’Aditya Chopra dédié au fantôme dansant de Raj Aryan, Martyrs de Pascal Laugier dédié aux fantômes d’Anna et Lucie, Barberousse d’Akira Kurosawa dédié à la mariée, Elle s’appelait Scorpion de Shunya Ito dédié aux fantômes libérés par Matsu, Kwaïdan de Masaki Kobayashi, Yoshio Miyajima et Tôru Takemitsu dédié à Michiyo, à la femme des neiges, et aux fantômes flamboyants d’un clan déchu, Samurai Champloo de Shinichiro Watanabe dédiée aux héroïnes de Mizoguchi, aux ronins de Kurosawa, au samouraï qui sent le tournesol, Memories de Koji Morimoto, Katsuhiro Otomo, Satoshi Kon, Yôko Kanno et Puccini dédié aux roses magnétiques, La source thermale d’Akitsu de Kijû Yoshida et Mariko Okada dédié à Akitsu, Cold Case dédiée à Daniela, Barry Lyndon de Stanley Kubrick et John Alcott dédié à la spectrale comtesse de Lyndon, Baby Cart, l’âme d’un père, le coeur d’un fils et le paradis blanc de l’enfer de Buichi Saito et Yoshiyuki Kuroda dédiés aux fantômes d’Itto Ogami, Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki et Joe Hisaishi dédié à Totoro, au bus-chat et à tous les fantômes de la forêt enchantée, L’intendant Sansho, Les contes de la lune vague après la pluie, L’impératrice Yang Kwei-fei, Les amants crucifiés de Kenji Mizoguchi, Fumio Hayasaka, Kazuo Miyagawa ou Kôhei Sugiyama dédiés à Anju, à la princesse Wakasa, à Miyagi, à Yang Kwei-fei, à O-San, Titanic de James Cameron et James Horner dédié aux fantômes sous-marins dudit Titanic, la saga des morts-vivants de George A. Romero dédiée aux ghosts de Bub et de Big Daddy, Body Snatchers d’Abel Ferrara et Bojan Bazelli dédié aux ombres résistantes, Babylon 5 de J. Michael Straczynski dédiée à G’Kar, Marcus, Lyta, Kosh et Sheridan, les westerns de John Ford, de John Wayne et de Richard Widmark dédiés aux absentes.
Tout çà pour dire : voir tous ces films de fantômes et mourir, pour renaître, non soustrait mais enrichi, greffé, intensifié. Tout çà pour dire aussi que les fantômes comptent bien souvent autant que les vivants, que nos fantômes à nous ont bien souvent des noms de séries télé ou de cinéma, d’Orient ou d’Occident, et parfois d’étranges no man’s land, s’appellent Faye Valentine ou Akitsu, Durga ou Hera, Marcus ou Omar Little, ont des yeux de Chine ou d’Inde, du pays du soleil levant ou d’Amérique, ont la langue qui chante d’antiques légendes ou murmure des peurs oubliées, habitent des galaxies lointaines ou toutes proches, les déserts de John Ford, les jungles d’Afrique ou d’Asie, les guettos d’Amérique ou le Los Angeles de 2019, les palais moghols ou d’Egypte. Leurs voix révolues ou pas encore entendues continuent de susurrer à nos sens nostalgiques ou voués à l’anticipation mille et une douleurs, mille et un tourments, mille et un plaisirs, mille et une saveurs, nous permettent de partager aussi bien le paradis de Maureen O’ Sullivan et Johnny Weissmuller, celui de Sharon et Helo, que de tutoyer les étoiles avec les Réplicants ou les Cylons.
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Ecrins d’éternité
“Une larme posée sur le visage de l’éternité”, a t-on dit à propos du Taj Mahal,
palais construit par l’empereur moghol Shâh Jahân en hommage à son adorée et défunte épouse Arjumand Bânu Begam.
Mais aussi The passage of time et Resurrection Hub, symphonies célestes de Bear McCreary dédiés à Hera et aux poupées explosives qui ne vont plus (re)naître, les notes diaphanes et mélancoliques du piano de Philip Glass, dédiées au(x) silence(s) de Caprica, La source thermale d’Akitsu de Kijû Yoshida, Ruby Rain de Pino Donaggio dédiée à l’Ophélie d’Argento, les poèmes de Rabindranâth Tagore, dédiés aux fleurs éphémères, à la future Durga et à la future Hera, les poèmes de Satyajit Ray, dédiés aux lucioles, aux absentes, et aux fantômes de Rabindranâth Tagore, les poèmes de Charles Cros, dédiés aux endormies, les hymnes de la nuit de Kenji Mizoguchi, pour l’amour d’Oshizu, d’Anju, de Yang Kwei-fei, les tombes de John Ford et de Victor Hugo, la mélopée d’Alamo…
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Zek : Ah te voilà, mon petit. J’ai quelque chose pour toi.
Quark : Pas si vite Zek. Il faut qu’on parle.
Moogie : Je savais que t’allais faire des difficultés.
Zek : J’ai pris ma décision. Prends-en ton partie, Quark. Tes lamentations et tes pleurnicheries
n’y changeront rien.
Quark : Je refuse d’être complice de ce que vous êtes en train de faire d’un pays autrefois noble et fière.
Cette fois, vous avez dépassé la mesure. Si vous voulez de moi comme Nagus, faudra me laisser faire les choses à ma
manière.
Moogie : Qui veut de toi comme Nagus ?
Zek : Ecartes-toi de mon chemin, Quark. Toutes mes félicitations, Rom. Je sais que tu feras un parfait Nagus.
Rom : Qui çà, moi ?
Zek : Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu semblais tellement heureux quand je te l’ai annoncé.
Rom : Ah oui ?
Quark : C’était moi.
Zek : Toi ?! Oh, je croyais avoir parlé à Rom. C’est sûrement du aux interférences. Je suis content que nous ayons
réglé ce détail.
Quark : C’est insensé. Vous voulez vraiment de Rom comme nouveau Nagus. C’est un idiot.
Moogie : Tu as toujours sous-estimé ton frère.
Zek : Une nouvelle Ferenginar a besoin d’un nouveau genre de Nagus. Un Nagus plus gentil, plus généreux.
Ce sera toi, mon petit. C’est une immense responsabilité que d’être aux commandes du vaisseau amiral de l’Etat
Ferengi. Un Nagus doit savoir naviguer sur les eaux troubles du grand continuum matériel, en évitant les brisants
de la fatigue, recherchant les vents forts de la prospérité.
Rom : Je ferais du mieux que je pourrais.
Brunt : Puis-je être le premier à vous adresser mes sincères félicitations ?
Quark : Très bien. Vous voulez Rom ? Prenez-le ! Il sera parfait pour ce nouveau paradis des travailleurs.
Il adorera sauver l’environnement et percevoir tous les impôts qu’il voudra.
Zek : On dirait qu’il ne le prend pas très bien.
Quark : Pour tout vous dire, dorénavant en ce qui me concerne, la Ferenginar que je connaissais a cessé d’exister.
Non, je retire ces paroles. Elle continuera d’exister. Ici, au coeur de ce bar. Cet établissement représentera le
dernier bastion de ce qui avait fait la grandeur des Ferengis. La soif inexorable de profits !
Broik, coupe les alcools. M’Pella, truque la table de dabo…
Zek : Tu es sûre qu’on a choisi le bon frère ?
Moogie : Viens, mon chéri. Risa nous attend.
Zek : Bonne chance, fiston. Tu vas en avoir besoin.
Moogie : En route Zekkie !
Star Trek : Deep Space Nine, Les chiens de guerre.
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La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;
Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !
Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !
On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !
Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !
Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !
Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !
Lamartine.
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C’était la plus belle chose que j’ai vue de ma vie. Toutes les couleurs, les pétales, la douceur. J’ai pleuré sans me cacher…
Je suppose que je dirais à Tamara qu’il faut trouver ce qui nous fait pleurer, ce qui nous fait vivre des sensations.
Caprica.
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Excusez-moi ! Vous. Oui, vous. Je peux vous parler ?
Eh, c’est une propriété privée.
Juste une minute. J’aimerais vous parler.
Non, je ne suis pas intéressé.
Oh, me touchez pas. Ne me touchez pas !
Bon, je vous touche pas, c’est bon ? Je vous touche pas.
Madame, je veux pas acheter ce que vous vendez, yo.
Je m’appelle Skyler White, yo. Mon mari s’appelle Walter White, yo. Il m’a tout raconté.
Sérieux ?
Eh ouais. Et pour votre information, mon beau-frère est dans la brigade des stups.
Je n’hésiterai pas à l’appeler. Si c’est nécessaire. Compris ? C’est votre seul et unique avertissement.
Ne vendez plus de marijuana à mon mari.
D’accord.
Je suis sérieuse. N’appelez plus chez nous. N’approchez plus de lui, ou vous vous en mordrez les doigts.
C’est bien compris ?
J’ai pigé, ouais.
Bien que çà ne me regarde pas, je pense que vous devriez penser à travailler dans une autre branche.
D’accord.
Skyler White et Jesse Pinkman, Breaking Bad.
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Tout le monde vient voir Zathras quand il y a des problèmes. Une grosse responsabilité. Mais çà ne dérange pas Zathras. Zathras est formé en gestion de crise. Mais Zathras n’a personne à qui parler. Personne ne gère le pauvre Zathras. Alors Zathras parle à la terre. Parfois il parle aux murs. Ou aux plafonds, mais la terre est plus proche. La terre a l’habitude qu’on lui marche dessus. Comme Zathras, mais on finit par aimer çà. C’est notre rôle. C’est notre destinée dans l’univers. Parfois, il y a des insectes dans la terre et Zathras aime les insectes. Pas très bons pour la conversation, mais c’est des protéines pour l’alimentation.
Zathras, Babylon 5.
