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Je voudrais qu’on me mette dans une boîte, et qu’on me porte au cimetière.
La fille du puisatier ou l’émotion blonde du blé qui s’offre avant l’heure de la moisson.
Josette Day et Raimu.
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Andreas
Nous sommes tous la somme de nos larmes. Si elles sont rares, naît l’aridité, où rien ne pousse. Si elles abondent, elles effacent le meilleur en nous. Ma saison des pluies s’en est allée
pour l’heure. La vôtre commence.
Voyez-vous, quand nous quittons un endroit, nous en emmenons quelque chose. Et quelque chose de nous reste. Allez n’importe où dans la station, quand le silence règne. Et écoutez. Vous finirez par entendre l’écho de nos conversations. Chaque pensée, chaque mot prononcé. Longtemps après notre disparition, nos voix s’attarderont sur ces murs. Aussi longtemps que ce lieu vivra. Mais j’avoue que la part de moi-même qui s’en va regrettera la part de vous qui reste…
Ainsi parlait G’Kar le Narn.
Par ce billet, je souhaite vous rendre un vibrant hommage, Monsieur Katsulas. Pas seulement parce que vous étiez un immense acteur et que vous prêtiez votre voix à un magnifique personnage. Mais surtout parce que vous lui prêtiez bien davantage qu’une voix, parce qu’il fait nul doute pour moi que vous lui accordiez également votre âme et votre coeur, que chaque pensée, chaque mot de G’Kar vous appartiennent aussi, soufflés par une âme et un coeur magnifiques. Parce que cette voix qui était la votre, si chaleureuse, était aussi profondément sincère.
Bien que vous nous ayez quitté, Monsieur Katsulas, aussi longtemps qu’un médium existera pour diffuser la série qui vous abritait, aussi longtemps que vous continuerez à irradier ceux qui vous ont connu, vous G’Kar, vous Andreas, aussi longtemps que nous les irradiés vivrons, vous vivrez, et l’écho de chacune de vos pensées, de chacune de vos paroles, continuera à nous border, à résonner en nous comme un doux et noble murmure…
Le Shah kajolé
A voir dans Kal Ho Naa Ho, juste avant sa crise cardiaque, Shah Rukh Khan (Aman) croiser le regard de Kajol (Kajol), habituellement son âme soeur au cinéma, mais pas dans ce film où elle n’apparaît que lors de cette très brève occasion, on peut mesurer combien ce couple vampirise la carrière de ces deux immenses acteurs, combien ce couple est plus entraînant et plus flamboyant que les plus légendaires des couples hollywoodiens, combien l’alchimie entre les deux étoiles est totale. Pour elles, nul besoin de baisers enflammés pour la faire ressentir, leurs sourires, leurs oeillades, leurs chants, leurs danses suffisant à traduire cette complicité unique.
A (vouloir) donner au spectateur, dans cette apparition magique, un immense plaisir et une immense émotion, à lui offrir ce merveilleux cadeau, on peut mesurer à quel point le cinéma de Bollywood est tout entier voué à ces objectifs et construit pour les atteindre, à quel point aussi ce cinéma-là hérite de cette croyance hindouïste qui veut que, lors de chaque réincarnation, les âmes soeurs sont destinées à se retrouver, à quel point ce cinéma veut nous le faire croire. Et si tout cela était vrai…
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Bronson
Un acteur de légende, c’est forcément une gueule. Celle de Bronson est exemplaire. Taillée à la dure, burinée par le charbon. D’origine lituanienne, cette gueule-là était destinée à habiter les territoires désertiques Navajos. A faire partie des paysages de l’Ouest américain. A les marquer de son empreinte. Cette gueule-là était destinée à jouer de l’harmonica pour mieux annoncer une vengeance. A donner la réplique aux monstres en tous genres. Elle était vouée à faire un carton sur un ascenseur et à flinguer la femme de sa vie. Cette gueule-là était destinée aux obsessions de Leone et Sollima. Cette gueule-là se méritait.


